LESA>Basse Vision>Expliquons la basse vision (Section 2)

Définition

Une personne est considérée comme ayant une basse vision lorsque, munie du meilleur équipement optique traditionnel, son acuité visuelle binoculaire est comprise entre 1/20 et 3/10 ou son champ visuel entre 10° et 60°.
En général, la basse vision résulte de lésions organiques: DMLA, rétinite pigmentaire, diabète, glaucome, cataracte...

Cela peut entraîner :
  • Une déviation ou perturbation des trajets de la lumière (cornée, iris, cristallin, vitré)
    => Solution envisageable : amélioration de l’image rétinienne
    C’est à dire, équiper la personne avec la meilleure compensation possible et utiliser des aides telles que éclairages, filtres colorés...
  • Une destruction ou diminution de la réception (rétine)
    => Solution envisageable : grandissement de l’image rétinienne
    Utilisation de systèmes grossissants pour toucher le plus possible de cellules périphériques sur la rétine. En effet, c’est bien souvent la fovéa (zone centrale de la rétine où l’acuité est maximale) qui est endommagée.

Réalisation de l'adaptation

Plusieurs critères sont à prendre en compte. Ils se focalisent en un seul point : votre client. En effet, il est l’acteur principal de son adaptation et il faudra faire en sorte qu’il soit le plus satisfait possible. Il faudra donc mettre en avant toutes vos qualités de professionnalisme, de psychologie et de patience pour pouvoir mettre en confiance votre client.

Différents points sont importants:
  • L’espace de travail :
    Le malvoyant a besoin de temps et surtout de concentration lors des entretiens. Il sera donc important de pratiquer ces entretiens dans un endroit à l’écart du lieu de vente. Un endroit le plus calme possible pour obtenir des conditions de travail optimales. Bien souvent il est conseillé de travailler sur rendez-vous. Ne concentrez pas tout sur un seul examen, le malvoyant rapidement fatigué vous donnera des réponses erronées.
  • L’histoire de cas :
    C’est une étape primordiale, car elle sera la base de votre travail. Il sera essentiel d’instaurer un climat de confiance pour que le malvoyant se livre aisément. Votre fiche devra regrouper plusieurs informations:
    => la pathologie oculaire, la date d’apparition, l’aptitude visuelle du patient (acuité, vision des couleurs...)
    => l’historique (systèmes déjà utilisés: réussites et échecs)
    => l’état psychologique du malvoyant
    => la détermination précise de sa motivation, ses besoins et activités quotidiennes
    => l’équipement actuel pour un autre éventuellement mieux adapté ou plus puissant
    => les conditions de travail (éclairage, taille du bureau, hauteur...)
    Toutes ces informations sont nécessaires pour définir l’équipement le mieux adapté à la personne malvoyante. Il faudra toujours faire en sorte qu’avec l’équipement , les capacités du malvoyant soient supérieures à ses besoins.
  • L’examen visuel :
    Il sera utile pour évaluer le grossissement nécessaire et déterminer les équipements que vous présenterez en premier à votre client. Matériel nécessaire : échelle de basse vision à fort et à faible contraste. L’examen s’effectuera avec lunettes d’essai et, si possible, des verres diaphragmés. Vous déterminerez l’acuité maximale en VL et VP.

    Vous pouvez également vous aider de l’échelle de grossissement au centre du catalogue. Elle permet de déterminer le grossissement nécessaire en fonction de la ligne lue avec les verres correcteurs. Cette échelle est détachable.
  • L’équipement :
    avec l’ensemble des informations récoltées, vous devrez cibler les produits à présenter à votre client. Vous ferez attention à l’histoire de cas; les besoins du malvoyant seront au centre de votre préoccupation (Exple: si le client souhaite principalement faire des mots-croisés, NE PAS lui présenter une loupe à main...). Le grossissement nécessaire sera aussi à estimer. Utilisez la formule théorique pour l’approximer ou l’échelle à la fin du catalogue.

    G = Acuité Visuelle désirée / Acuité Visuelle mesurée

    Attention à ne pas utiliser de trop forts grossissements: cela limiterait le champ et surtout le confort.
    Ensuite, il conviendra de faire essayer votre client, car la basse vision n’est pas une science exacte. Le client sera peut être plus à l’aise avec certains systèmes qu’avec d’autres... Lors de ces essais pensez à faire des pauses pour ne pas trop fatiguer votre client et risquer une situation de rejet.

Dans tous les cas, après vos examens essayer le plus possible d’avoir tout de suite un résultat car cela aura un effet plus que positif sur le moral de votre client qui pense souvent qu’il n’y a plus de solution pour sa vision.

Veillez également à tenir compte de ses conditions de travail et à lui proposer des solutions adaptées. Un équipement obtenu dans une salle d’examen ne sera peut être pas adapté à sa vie quotidienne. En effet, en salle d’examen l’éclairage est intensif, les tests très contrastés... et dans la plupart des cas, ces conditions ne sont pas remplies chez beaucoup de monde.

A savoir

Calcul du grossissement commercial d’une loupe

G = P/4 + 1
(P = Puissance en dioptrie)

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